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Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Sam 27 Mai à 19:00 | |
| - Bon, il faut suivre Nath, poursuivit Prisci. On aurait dû le faire depuis longtemps. Les autres hochèrent la tête. Corentin ne réagit pas. - C’est l’onde de choc de tes coups de pied, supposa Val en s’avançant vers la porte. - Hein ? s’étonna Ama en essayant de l’ouvrir. - Zut ! elle est fermée à clé, constata Prisci. - Ce n’est pas un problème, assura Marco. On va la défoncer. - Mince ! s’écria Val. Où sont les morceaux de sol ? - Oh, non, c’est pas vrai, se lamenta Prisci. Et toi, ajouta-t-elle à l’adresse de Corentin, si tu redeviens hystérique, je me sers de toi pour ouvrir cette porte et tu t’en souviendras ! Longtemps ils restèrent là, à appeler et à frapper sur la porte close… |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Dim 28 Mai à 9:48 | |
| Episode 5 Bruits de pas derrière la porte. Val, Prisci, Marco, Ama et Liko, qui les avait rejoints, se figèrent. - Nath ? appela Val. - Quoi ? répondit la voix assourdie et glaciale de Nath derrière la porte. - Tu peux nous ouvrir ? La porte est fermée à clé. - Non, j’ai pas les clés. Mais en revanche, j’ai un gros problème. - Y a quoi derrière la porte ? demanda Marco. - Rien d’autre qu’un couloir avec trois portes au fond. Mais j’ai quand même un gros problème. - C’est-à-dire ? voulut savoir Liko. - Ca veut dire que j’entends des cris horribles qui deviennent plus précis à chaque instant, et que ça m’a bien l’air d’être des cris de guerre. - Et alors ? - Et alors, étant donné que je n’ai pas d’arme, je risque de me retrouver en tartine grillée s’ils arrivent ! - Ah ! fit Marco. - Comment ça, « ah » ? Je vais me retrouver en tartine grillée et tu t’en fous ?! - Au moins, on aura quelque chose à manger, répondit Marco. - Mais dis-moi… la porte n’était pas fermée à clé quand tu l’as ouverte ! remarqua Ama. - Ben non ! Mais… - Attends une seconde, coupa Ama. Elle se tourna vers Corentin et lui fila un coup de poing en plein menton. - Continue, demanda Ama en retournant à la porte, tandis que Corentin soutenait son menton cassé. - Comme je disais, mais lorsque j’ai refermé la porte derrière moi, elle s’est fermée à clé d’elle-même. J’ai entendu un cliquetis et voilà ! Mais vous pouvez la défoncer. - Non, il n’y a plus de morceau de sol, répliqua Liko. Effectivement, nous voici dans la merde. - On pourrait défoncer la porte nous-même ? suggéra Ama. - Oui, c’est ça ! ironisa Liko. C’est bon pour les films, les coups d’épaule qui font tomber une porte blindée ! Soudain, ils entendirent des bruits de pas très lourds, suivis de légers cris, qui venaient de derrière la porte… - Merde ! jura Nath. Ils arrivent ! - Mais j’arrive aussi ! badina Ama en prenant son élan. A une vitesse hallucinante, qui firent tourner toutes les têtes présentes, elle fonça vers la porte soudain bien misérable et qui se convulsait en révérence devant la puissance inattendue d’Ama. Elle haussa son épaule droite sans la moindre hésitation et la fit percuter avec force sur la porte terrifiée… Certes, la porte ne cassa pas, mais Ama parvint tout de même à se casser l’épaule. - Voilà ! triompha Liko. Qu’est-ce que je disais ! Au même instant, les cris de guerre devinrent d’un coup bien plus sonores… - Bon, ça va, tant pis, dit Marco. Au moins, voilà une porte d’éliminée. Je savais bien que c’était un choix de con. - Attends ! cria soudain Liko. Tu comprends pas. Quand ils en auront fini avec Nath, ils ne feront peut-être pas demi-tour ! Peut-être qu’ils s’occuperont de nous à notre tour ! - Eh ! s’indigna Ama. Et la solidarité dans tout ça ? Et l’esprit de groupe ? Elle reprit son élan et massacra son épaule une fois de plus. - Fais gaffe, prévint Liko, tu n’en as que deux. - Je suppose que Mademoiselle a raison ? ironisa Marco. Ca sent encore l’époque de la Nathissime ! Ama les ignora et frappa une fois de plus la porte. Les cris étaient vraiment très proches et Nath se faisait visiblement massacrer. Val stressait sur place : - Mon Dieu ! qu’est-ce qu’on va découvrir ? - Ne t’inquiète pas, dit Marco avec un clin d’œil assuré. Lorsqu’elle essaya de nouveau de défoncer la porte, Ama profita de son élan pour donner à Marco une de ses plus superbes gifles. Marco jura en se tenant la joue meurtrie et Ama essuya un nouveau cuisant échec. - Ca va ? cria-t-elle à Nath, faute de mieux. Un long râle leur parvint. Ama prit plus d’élan, courut plus vite que jamais… - Elle va y laisser son bras, prédit Liko. … jeta encore plus violemment son épaule vers la porte et est-ce possible ? Elle défonça la porte ! - Bon sang ! fit Liko, le visage de marbre. Derrière, un groupe de guerriers en armure, dont le visage était invisible, se ruait vers une Nath plus morte que vive. La porte tomba sur la tête de plus de la moitié et Ama sauta dessus : Val eut un sursaut de dégoût et je ne décrirai pas les bruits et le sang car la censure m’y oblige. Horrifiés, les guerriers cessèrent de battre un moment Nath qui en profita pour s’enfuir. Armée de sa redoutable porte, Ama fonça : les guerriers hurlèrent et tentèrent de courir dans tous les sens, mais c’était trop tard ! La surprise jouait en la faveur d’Ama : tour à tour, elle se servit de la porte pour décapiter, assommer, massacrer, écraser, touiller, hacher et autres verbes qu’on trouve dans les livres de cuisine. Bref, tout ça pour dire qu’aucun n’y survécut et qu’en moins d’une minute, le sol et la porte étaient rouges de sang et les guerriers étaient tous tombés. Avec un soupir de satisfaction, Ama, légèrement essoufflée, jeta son arme sur le sol. - Ah bah ça alors ! balbutia Liko, à la fois admiratif et choqué. - C’est horrible ! glapit Val. - C’est assez sanglant, admit Prisci. - Et ben merci, parce qu’au sinon… lâcha Nath. - Waou, on dirait un plan de Walt Garrior II ! siffla Marco. - Ah Seigneur, délira Corentin, Satan est passé ! Délivre-nous du mal ! - On les fouille ? proposa Ama. Val eut un haut-le-cœur et s’éloigna du champ de bataille. Liko déglutit avec difficulté. - Bon, j’y vais, dit Ama. Ils ont sûrement des clés et tous des trucs intéressants. - T’arriverais à trouver une clé dans toute cette mare de sang ? demanda Nath. Elle se dirigea vers un guerrier dont la tête roulait un mètre plus loin. Il semblait être le plus important, vu ses habits. Elle le fouilla en s’efforçant de dissimuler son dégoût. - Aaaaah, beeeeeh… gémit Val. - Mais qu’avons-nous fait de nos frères ? se lamenta Corentin. - Alors ? demanda Prisci. Ama retourna le revers d’une poche. - Il a un trousseau de clés bizarre, un gourde en cuir qui est sûrement pleine de potion, vu le contenu, une bourse remplie d’argent, des armes naturellement, ça nous sera utile leurs armes, et… ah ! - Quoi, il a une tête réduite ? demanda Marco avec avidité. - Mais c’est pas possible d’être aussi con ! râla Ama. - Bon, qu’est-ce qu’il a ? voulut savoir Prisci. - Il a une missive ! répondit Ama en brandissant un rouleau scellé. - Et alors ? questionna Marco en fronçant les sourcils. - Il y a sûrement plein de choses intéressantes là-dedans ! On découvrira peut-être qui il servait, pourquoi, s’ils avaient d’autres plans, s’ils connaissaient notre existence, ect… expliqua Ama en essayant d’ouvrir le rouleau. - Et s’ils parlent une autre langue ? insinua Nath. - On va bientôt le savoir. Ama ouvrit enfin le rouleau et le lut d’un air intéressé. - Lis-le à voix haute ! suggéra Prisci. - Bon. « Moi, Elgzag, Maître des Souterrains de Yzlack, affirme récompenser la troupe de trente Guerriers de 1000 pièces d’or s’ils parviennent à me débarrasser de cette bande de cons qui traîne dans le coin. Je jure être en possession de toutes mes facultés et agir en qui de droit. Elgzag, Maître des Souterrains, Magicien de l’Ordre des Noirs, ect., ect. » - Quoi ! s’indigna Liko. Il a osé nous traiter de bande de cons ! - Il va le payer ! menaça Marco. On ne m’insulte jamais ! - C’est intéressant, dit Ama en refermant la missive. Il veut se débarrasser de nous. - Mais pourquoi ? s’écria Val. On ne lui veut rien, nous. Tout ce qu’on veut, c’est sortir d’ici et rentrer chez nous ! - S’il veut se débarrasser de nous, dit Nath, c’est que nous représentons un danger pour lui. - Après cette pâtée que leur a mis Ama, admit Marco, c’est sûr qu’on est un grand danger ! - Peut-être, poursuivit Nath, qu’il y a quelque chose de précieux ici, et qu’il a peur qu’on le découvre. Ou alors, il pense qu’on veut le tuer. - Les Souterrains de Yzlack… dit pensivement Ama. - Peut-être que c’est là où on est ? suggéra Liko. - Mais oui, bien sûr ! s’écria Ama. « Qui traîne dans le coin » ! - Mais comment aurait-on atterri ici ? demanda Nath. - Je ne sais pas, avoua Ama. Et aussi, ce « Magicien de l’Ordre des Noirs » ou je ne sais quoi… - C’est n’importe quoi ! ricana Liko. La magie, ça n’existe pas ! - Il s’est quand même passé des trucs bizarres, souligna Prisci. Des portes qui se verrouillent toutes seules, des morceaux de sol qui disparaissent en un instant. - Brr, frissonna Val. - Mille pièces d’or pour notre mort, remarqua Marco, quand même ! On doit vraiment lui foutre la trouille ! - Mais comme on ne sait pas ce que vaut une pièce d’or en euros, ça ne veut pas dire grand-chose, dit Ama. - En tout cas, c’est sûrement pas rien, insista Marco. - Bon, alors… Il est temps de départager les richesses ! Ama jeta négligemment la missive au sol. - Je vais fouiller tous les autres, décida-t-elle. - Est-ce vraiment nécessaire ? demanda Nath. Je préférerais me mettre tôt en route. - Je prends leurs armes, alors. Une porte, c’est pas très pratique, même si c’est le bouclier du siècle et une arme de qualité… et puis vous, vous n’avez rien. - Mais des armes, quand on sait pas s’en servir, fit Prisci, ça ne sert pas à grand-chose. - On apprendra ! répondit Ama avec lassitude. Ama rassembla donc les épées, les arcs et les dagues sur le sol, mais aussi, ô joie ! ô gloire ! un sac à dos rempli de provisions. Le groupe affamé s’efforça d’économiser la nourriture mais en vérité, faillit bien dévorer la moitié. Rassasiés et de très bonne humeur, les jeunes aventuriers reçurent leurs armes de façon équitable. Le problème était qu’elles étaient un peu trop grandes pour eux, et cela gênait leur marche. Pourtant, il faudrait se protéger. Lorsque tous furent équipés, Ama passa à la répartition des objets trouvés sur le guerrier habillé bizarrement. Ama garda le trousseau de clés, Prisci reçut la bourse et Liko la gourde. Marco voulut savoir pourquoi, ainsi que Val. Ama leur répondit qu’ils n’allaient pas faire leurs crises de con et que c’étaient pas des jouets. Marco dit qu’on n’a pas idée de confier tels objets importants à telles personnes sans même savoir pourquoi, et crise de con toi-même. Ama lui proposa d’aller jouer à Walt Garrior II et de leur foutre la paix. - Dis donc, finit par réagir Nath, c’est quoi, cette dispute ? Ama a le trousseau, Prisci la bourse et Liko la gourde, un point c’est tout. Moi non plus, j’ai rien reçu, et je fais pas chier mon monde ! - Forcément, t’es toujours mieux que tout le monde ! riposta Marco. Et dispute toi-même. Ama finit par gifler Marco. - Ah, enflure ! jura-t-il. Mais tu ne m’auras pas comme ça ! Ama le gifla une deuxième fois. - Va mourir ! Une troisième fois. - Tu tiens à ce que je sorte mon épée ? - Je suis terrifiée, affirma Ama en ramassant la porte. - C’est ça, cracha Marco, tu préfères te cacher derrière ta porte plutôt que de combattre à l’épée, en femme honnête ! - Tu veux un duel à l’épée, raclure ? marmonna Ama en sortant sa propre épée du fourreau. Eh bien, tu vas voir ! - STOP ! cria Nath. C’est n’importe quoi. Comme si on n’avait pas assez d’ennemis comme ça ! Il faut se mettre en marche, un point c’est tout ! Mais personne ne l’écoutait. Val courut loin d’Ama et de Marco. Elle détestait la violence. Prisci et Liko, en revanche, s’assirent confortablement pour regarder le duel. Nath renonça à s’interposer et s’éloigna en haussant les épaules. Quant à Corentin, on ne sut jamais comment il aurait réagi. Ama l’avait assommé avec la porte avant qu’il ne puisse faire quoique ce soit. Le duel fut loin d’être sanglant. Comme ni l’un ni l’autre n’avait appris à manier l’épée, c’était assez pathétique. Les épées leur semblaient lourdes et lentes, les coups étaient misérables. Pourtant, Prisci et Liko continuaient à regarder, comme des enfants fascinés par le fer. Nath tournait en rond, l’air profondément ennuyée. Elle finit par sortir elle-même son épée et l’abattit sur celle de Marco. L’épée tomba et Nath posa son pied dessus avant que le garçon ne puisse la ramasser. - Fini, de faire joujou avec les lames ! déclara-t-elle en ramassant l’épée de Marco. On se remet en route. - Est-ce que tu vas me laisser sans épée ? gronda Marco. J’ai encore mon arc et ma dague ! - Tant que tu essaies de me viser, tu n’auras aucune chance de me toucher, répliqua Nath. Et oui, je te rends ton épée, la mienne est déjà bien assez lourde. Seulement, tu ne t’en sers plus sur l’un d’entre nous pour tout et n’importe quoi. Merde alors, on n’est plus à la maternelle et il faut retrouver Jérémy. |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Dim 28 Mai à 14:50 | |
| Episode 6 Sur ces entrefaites, Ama rangea son épée avec un air impassible. En vérité, elle se reprochait un peu sa puérilité. Marco dut se forcer pour mettre l’épée dans le fourreau. Il se promit de venger ce coup bas à la première occasion. Le groupe se mit à marcher vers les trois portes. Soudain, Prisci poussa un cri, ou plutôt un rugissement de douleur. Les autres la regardèrent, interloqués. Puis, Liko fit un bond en arrière avec un petit cri. Inquiet, le groupe imita le garçon et recula prudemment. - Aah, gémit Prisci, tordue en deux. - Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Val. - Je sais pas mais ça fait mal ! - Un dard m’a frôlé d’un cheveu, dit Liko. - Un dard ? répéta Nath. Bientôt, tous comprirent de quoi voulait parler Liko. Des petits dards en métal, en effet, étaient projetés d’un mur à l’autre. Visiblement, l’un d’eux s’était planté dans le ventre de Prisci. - J’espère qu’ils ne sont pas empoisonnés, s’inquiéta Val. - Dites, vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose ? demanda Ama. - C’est vrai, tout est anormalement silencieux, dit Marco. - Je m’en fous, geignit Prisci. Retirez-moi ce truc ! - Ah, non, c’est rien, se souvint Ama. C’est tout simplement Corentin que j’ai assommé. Tiens, il est là. - Et si on le laissait là ? proposa Marco. - Eh, y a quelqu’un qui voudrait pas me soigner, là ! gémit Prisci. - Non, refusa Nath. Corentin va se réveiller. Si des ennemis le trouvent, ils pourraient s’en servir contre nous. - On pourrait… commença Marco. Non, rien. - Quoi ? demanda Nath. - Mais tu vas encore me faire la morale et tout ça. - Dis quand même ! - Aidez-moi ! appela Prisci. - Ama ! dit Marco. Assomme-la, je n’arrive plus à réfléchir. Ama se baissait pour ramasser la porte lorsque Marco se ravisa : - Non, finalement, fais pas ça. - Mais pourquoi ? demanda Ama. - On ne bat pas les filles, répondit Marco. - QUOI ? s’indigna Prisci. - Marco, t’as pas répondu à ma question, dit Nath. - Mais… gémit Marco. - Je m’en fous, réponds à ma question. - Espèce de misogyne ! s’enflamma Prisci. - C’est vrai quoi, dit Ama, c’est pas parce que c’est une fille qu’on peut pas la battre. - MARCO ! appela Nath. Ma question ! - Ama, t’as raison ! céda soudain Marco. On peut battre les filles : assomme Nath et Prisci, et vite ! Ama leva la porte et tenta de la jeter sur la tête de Nath, mais celle-ci avait sorti son épée et l’avait plantée dans la porte, qui fut bloquée dans son élan. Triomphante, elle tira sur son arme pour la retirer, sans succès. Ama leva la porte pour la mettre hors de portée de Nath : sans le vouloir, elle percuta au passage la tempe de Liko, qui s’effondra. Nath se lança à la poursuite de la porte et parvint à s’en saisir, mais Ama la tenait toujours de l’autre côté et essaya de la lancer vers Nath. Nath riposta en essayant de la lancer à son tour vers Ama : la porte était donc immobile, comme elles poussaient des deux côtés. Marco vint au secours d’Ama et Nath évita de peu un coup meurtrier. Courageusement, elle agrippa tant bien que mal la poignée de son épée, toujours plantée dans la porte : mais elle en fut vite séparée car la porte n’avait cesse de bouger. Elle se rua vers Ama, qui se protégea aussitôt avec la porte : Nath fut projetée dans le champ aux dards mais, par miracle, elle ne fut pas touchée et elle finit sa course sur le dos, avec de petites cloches autour de la tête. |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Dim 28 Mai à 14:50 | |
| Dans un sursaut de conscience, elle vit le monstre de bois qui faisait mine de s’abattre sur elle, mais elle roula sur le côté. Toujours un peu sonnée, elle se releva tant bien que mal et tituba pour échapper aux assauts de la porte. Ama, de son côté, était agacée : elle avait mal aux doigts et avait envie de reposer cette porte encombrante. Elle ne savait pas exactement pourquoi elle avait tant envie d’abattre cette damnée porte sur le crâne de Nath et Prisci, pourtant elle ne s’arrêtait pas, encouragée par Marco qui l’aidait à soutenir la planche. Désespérée, Nath sortit sa dague. Elle était déconcertée par la volonté qu’avaient Ama et Marco à l’assommer. Etaient-ils donc si bêtes ? En tout cas, ce serait probablement vain de leur faire entendre raison. Elle évita de justesse la porte qui était revenue à la charge. « S’il n’y avait qu’Ama, pensa-t-elle, je pourrais encore lutter en prenant l’autre bout de la porte : mais ils sont deux. » Elle pensa alors à Liko. Lui l’aiderait peut-être. Elle se tourna vers lui avec espoir : hélas ! il était inconscient, victime de la porte assoiffée de sang. Il ne faudrait pas compter sur Prisci, qui agonisait par terre. Corentin, lui aussi, était dans les bras de Morphée. Elle visa alors une des trois portes, dans le fond du couloir. Il était difficile de réfléchir clairement : toutes les cinq secondes, elle devait sauter en arrière ou à côté pour éviter la porte. Pourtant, elle voyait une porte délabrée, qui gémissait sur ses gonds et pouvait visiblement s’écrouler à tout instant. Essoufflée par la lutte, elle courut pourtant jusqu’à elle et lui donna un bon coup d’épaule : la porte tomba et Nath la ramassa. Elle cria lorsque la porte ennemie s’abattit sur ses doigts. Elle s’efforça d’ignorer la douleur et chargea : Ama para le coup sans difficulté et ils continuèrent à lutter ainsi. Toutes deux étaient sur le déclin : Ama, parce qu’elle portait la porte depuis un bon bout de temps et que même avec Marco, c’était lourd : Nath, parce que ses doigts la faisaient horriblement souffrir et que pendant tout le combat elle avait dû se bouger pour éviter la porte et récupérer son épée. - Stop ! finit par hurler Nath. Cessez-le-feu ! C’est n’importe quoi ! Ama ne répondit que par un sifflement de porte. Nath fronça les sourcils, soudain méfiante : « Bizarre… D’habitude, Ama n’est pas si bête. » Elle mit ça sur le compte de la tension et de l’énervement qu’avait provoqué le combat sur les trente guerriers. Pour sa part, Ama commençait à en avoir assez. Ce petit jeu était un peu épuisant à la longue… et la résistance de cette Nath de malheur était franchement horripilante. Mais Ama avait l’avantage de l’âge. Elle était plus résistante que cette petite, d’autant plus que Marco était là. Nath reculait l’heure de son échec, mais c’était pour mieux sauter après. Revigorée par ces pensées, Ama lança un coup si violent que les étincelles jaillirent. Nath avait l’impression que plus le temps passait, plus la porte devenait rapide et puissante, alors que pour elle c’était le contraire. Elle allait jeter sa porte et se rendre lorsque soudain, le monstre ennemi vacilla et tomba sur le sol. Ama tomba par terre, assommée par Liko, triomphant, l’épée à la main. Marco marqua une hésitation, un peu perdu : Liko l’assomma à son tour avec le plat de la lame. Soulagée, Nath laissa tomber sa porte à son tour. Elle prit le temps de reprendre son souffle : enfin elle dit : - Merci ! Si tu n’étais pas arrivé, j’aurais perdu. - C’était pas vraiment pour toi, répondit Liko. C’est qu’Ama m’avait assommé avec sa porte de merde. Il fallait qu’elle sache quel effet ça fait parce que maintenant, j’ai une de ces migraines ! - Ca te paraît pas bizarre, l’acharnement qu’elle avait à me trucider ? Liko haussa les épaules et déclara, le regard lointain : - A partir d’aujourd’hui, peu de choses pourront m’étonner. Nath n’avait pas tellement envie d’approfondir la psychologie. Elle insista : - Tu ne crois pas qu’elle aurait pu être ensorcelée ? Ce Elgzag ou je ne sais quoi, il est tout de même magicien, si on en croit la lettre. - Possible, admit Liko. En attendant, tant qu’à faire quelque chose, autant soigner Prisci. Il se retourna et grimaça : - Prisci est de l’autre côté des dards, et Corentin aussi ! Comment va-t-on passer ? Pour toute réponse, Nath ramassa la porte d’Ama. Ils passèrent donc facilement le champ aux dards et Liko s’approcha de la mourante, qui perdait pas mal de sang. - Il était temps qu’on pense à moi, grommela Prisci. - Ah, beuh ! fit Liko en examinant la plaie. Je vois le dard. Il t’a pas loupée ! - Je regrette à le dire, affirma Nath, mais il faut tout de même t’assommer. Pour l’anesthésie. - C’est une manie, ici, marmonna Prisci, de mauvaise humeur. Nath brandit la porte et la fracassa contre la tête de Prisci, qui s’écroula. - Bon, dit Nath. Tu t’y connais, en médecine ? - Ca doit pas être compliqué, répondit Liko. Il sortit sa dague. Avec ce qu’il croyait être de la précision mais qui était en vérité de la barbarie, il élargit un peu la plaie en veillant à ne pas enfoncer le dard. Délicatement, enfin plutôt sauvagement, il ôta le dard en utilisant toujours la dague. - Ca saigne à fond, constata Nath d’un air critique. Il faut réduire l’hémorragie. - Je pense qu’il faut carrément la cicatriser, répliqua Liko, sinon elle va crever. Elle en a déjà perdu des litres. - Et comment ? - Avec du feu. Ca fait mal, mais ça marche. T’as un briquet, des allumettes… ? - Il doit y en avoir dans le sac aux provisions, répondit Nath. C’est Val qui l’avait… Tiens, où elle est, Val ? Elle fouilla du regard le couloir et l’aperçut enfin, tapie dans un coin. - Merci de ta collaboration, ironisa-t-elle en allant à sa rencontre. Passe-moi le sac. Val le lui tendit. Elle chercha un peu dans la petite poche et finit par trouver deux torches, ainsi que cinq boites d’allumettes. Elle tourna les talons avec son butin et craqua une allumette, puis alluma une torche. Elle se pencha vers la plaie et, sans cérémonie, posa la torche dessus. Un hurlement inhumain retentit. Il résonnait partout. - Merde, tu veux nous attirer une armée ? râla Nath en retirant la torche. La blessure était cicatrisée. - Bon, ça va, t’es soignée, maintenant lève-toi, ordonna Nath. - L’écho a propagé le cri partout, remarqua Liko. Ca joue en notre faveur. Même si on est entendus, les ennemis ne sauront pas où aller. - C’est vrai, mais bon… Allez, tu te lèves ! Comme Prisci restait sur le sol à agoniser, Nath la releva et s’éloigna vers Ama qui s’éveillait. - Dis donc, t’étais folle ou quoi, à essayer de m’assommer ? lui dit-elle sèchement. - Comment ? - C’est ça, t’as oublié, la pauvre petiote… - Oublié quoi ? demanda Marco. - Ca y est, ils sont amnésiques, dit Nath en levant les yeux au ciel. Enfin, bon. On a perdu assez de temps comme ça. En route. Elle se tourna vers Corentin et râla : - Il est toujours pas réveillé, lui ? - Il est peut-être mort ! suggéra Marco. - Baah ! fit Val en plissant le nez. Mais passez-moi une porte, je dois passer les dards. Liko lui lança une porte et lui dit : - Mais avant de passer, relève cette paresseuse de Prisci qu’est retombée et réveille Corentin. Si t’y arrives pas, porte-le. - Ca marche, acquiesça Val en baffant Corentin. Corentin gémit et se releva avec difficulté. Val releva Prisci qui se rallongea aussitôt : - Je suis beaucoup trop faible pour marcher ! - Tant pis ! lâcha Marco. Nous, on s’en va. - Corentin il a le droit d’être porté ! - Ta gueule. Avec force grognements et malédictions, Prisci suivit Val et Corentin. - Bon, on prend la porte que j’ai arrachée, c’est-à-dire la deuxième, décida Nath. - Et pourquoi ? voulut savoir Marco. - Rââ, vous n’allez pas recommencer ! - C’est la dernière porte que je prendrais, dit Val. Regardez-moi cette porte pourrie. Si l’intérieur vaut l’extérieur, on va se ramasser le plafond sur la gueule. - Le plafond a bien tenu depuis sa naissance, répliqua Nath. Il tiendra bien le temps qu’on passe. - Pas avec Elgzag en arrière-plan, insista Val. Non, franchement, autant prendre la première. - Elle est fermée à clé, constata Ama en essayant de l’ouvrir. - Utilise une de tes clés ! Ama sortit le trousseau de clés et, après un moment d’essais ratés, parvint enfin à ouvrir la porte, qui donnait sur l’inconnu et sur de nouvelles aventures ! |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Mar 6 Juin à 20:36 | |
| Episode 7 - Tiens ? s’étonna agréablement Val en entrant. Ces couloirs mènent finalement à quelque chose ! En effet, ce n’était pas un des traditionnels couloirs que cachait la porte, mais une salle étrangement pavée. On aurait dit que quelqu’un avait renversé des litres de café sur le sol et qu’ils avaient laissé à fossiliser. Quant aux murs, ils étaient en granit noir et d’étranges inscriptions blanches avaient été gravées dessus, dans une langue inconnue. L’impression générale de la Salle-aux-Taches-de-Café était sombre, glaciale, effrayante. Des torches allumées jetaient des reflets fantomatiques sur le sol, révélant avec difficulté une porte tout aussi noire sur le mur de devant. - Je n’aime vraiment pas ça, frissonna Val. - Oui mais toi, t’aimes rien du tout ! répliqua Marco. Enfin, presque… ajouta-t-il en dévoilant un sourire avec tellement plein de dents qu’il avait dû en rajouter. Sourire qui se transforma bientôt en grimace sous la gifle quotidienne d’Ama. - C’est le genre d’endroit où les réalisateurs mettraient une bande de sataniques qui recherche quelqu’un à sacrifier pour leurs cultes, fit Liko en regardant les murs. Pour la première fois, je suis heureux de ne pas être dans un studio. - Sauf que dans le studio, y a aucun danger, tête de ferraille, répondit Marco. - « Tête de ferraille » ? répéta Liko, intrigué. Ama essayait de décrypter les murs. - Laisse tomber, lâcha Nath. Ici, c’est la Salle de l’Incompréhensible. Y a rien de français sur ces murs pourris. - Hé ! ne dis pas ça, gémit Val. - « Tête de ferraille »… sans doute le nom d’une association ? hasardait Liko. - Ne pas dire quoi ? - « Sur ces murs pourris ». Cette salle est bizarre… Si elle t’entendait ! Marco éclata de rire. - Haha… Damoiselle la Salle, votre luxe n’a d’égal que votre noirceur… hahaha… - Ama, appela Prisci d’un ton lourd de sens. - Ou alors, c’est un mot latin… proposait Liko un peu plus loin. Pour une fois, Marco ne se laissa pas écraser la joue. Il sortit son épée. - Mais quel gamin ! s’écria Nath, exaspérée. - T’es plus jeune que moi, répliqua Marco. - Hé ! vous, là ! dit soudain une voix. Marco en lâcha son épée. Val poussa un cri de frayeur et essaya de sortir, mais la porte était fermée. Ama sortit son arc et prit une flèche. - Pas la peine, gamins, reprit la voix glacée comme de la glace, rocailleuse, démoniaque. Je suis invincible. - Ah, tu vois que t’es aussi une gamine ! triompha Marco. - Silence, imbécile !… Vous faites autant de bruit qu’Elgzag lui-même, même si vous n’êtes que des avortons. - … Ou alors, c’est une insulte bosniaque, disait Liko. - Elgzag fait du bruit ? demanda, intéressé, Marco. - Dans le genre question merdique, t’es ceinture noire, répondit Ama. - Elgzag ? répéta la voix. Aussitôt, un étrange vacarme retentit. Le groupe effaré mit un instant à comprendre que la voix riait. - Vous ne trouverez pas plus bruyant que lui ! Il ne se déplace qu’entouré d’homme armés, qui pourraient former à eux seuls une armée, et sa propre armure est tellement lourde et fait tant de boucan que le sol en tremble. Heureusement, la plupart du temps, il reste allongé sur son trône à coussins à se faire servir des friandises. Non seulement il est peureux, mais c’est un paresseux incarné. - Eh ben ! lâcha Marco. - Et comme je disais, vous faites autant de bruit que lui ! dit la voix. On n’a pas idée de réveiller aussi grossièrement la Salle ! - Eh ! qu’est-ce que je te disais… marmonna Val à Marco. - Donc, vous… vous êtes la Salle ? demanda Ama. - Bien sûr ! Qui veux-tu que ce soit ? - Et… allez-vous nous faire quelque chose ? La voix ne répondit pas tout de suite. D’un souffle d’air invisible, toutes les torches s’éteignirent. L’obscurité totale tomba, aussi complète que si l’on avait fermé les yeux. Val ne put retenir un gémissement. - Silence ! ordonna la voix. Bien sûr que je ne vous laisserai pas partir. Du moins, pas vivants ! Vous m’avez réveillé avec une insolence qui doit être châtiée. Corentin, qui était resté silencieux et hagard pendant le reste du temps, eut un mouvement qui alerta Ama. Elle l’assomma avec le plat de l’épée. - Et… comment allez-vous faire ? demanda Marco. - Je vais vous plonger dans un sommeil… dont vous ne vous réveillerez jamais ! Et la voix ricana, tant et si bien que les cheveux de Val se dressèrent sur sa tête. Ama décida d’en profiter pour sortir avec sa clé, mais la voix se reprit aussitôt : - N’espère pas t’en tirer aussi facilement ! Je vous vois alors que vous ne voyez rien. Ici, vous êtes mes esclaves… - … C’est sans doute une incantation, proposa Liko sans que personne ne l’écoute. - Euh… noble Salle, dit Nath d’un ton hésitant. Vous savez, nous ne sommes pas des humains. - Mais c’est n’importe… Nath gifla précipitamment Prisci avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase. - Qu’est-ce que c’est que cette blague ? demanda la voix d’un ton menaçant. - En vérité, au départ, si, plus ou moins, répondit Nath qui s’efforçait de supprimer toute hésitation de sa voix. Mais nous avons été choisis pour transporter l’âme d’une Salle, un peu plus loin. - Transporter l’âme ? mais qu’est-ce que c’est que cette connerie… - Oui, parce qu’elle était blessée, voyez-vous. Nous la menons à un magicien qui la sauvera. - Je me fous des autres Salles ! Elles sont toutes moches. D’ailleurs, vous mentez ! accusa la voix d’un ton terrible, qui fit frissonner le sol aux taches de café. Le cerveau de Nath carburait à toute allure. - Excusez-moi de vous contredire, noble Salle, poursuivit Nath, mais celle-là est au contraire très jolie. Silence. - Oui, très, très jolie, ajouta Nath. Avec des formes et des rondeurs sublimes, des cheveux soyeux et une voix enjôleuse. Silence encore plus lourd. - Des cheveux ? finit par déclarer la voix. T’as vu beaucoup de Salles avec des cheveux, triple conne ? - Euh, non, répondit précipitamment Nath. Je veux dire, des tentures. - Des tentures ? Elle a des fenêtres ? - Euh… ben, oui, je crois. - Ah. Silence. Les cœurs des jeunes gens battaient à tout rompre. La voix émit quelque chose qui ressemblait à un raclement de gorge : - Je vais te poser une question et si tu réponds correctement, c’est que tu ne m’auras pas trompé. Tu peux t’aider des autres. Si tu réussis, je vous laisserai partir. - Vrai ? osa Nath. - Evidemment ! gronda la voix. Les Salles ne mentent jamais ! Si nous manquons à notre parole, nos murs s’effondrent et nous mourrons ! Voici la question… En admettant que l’hypothèse de Galgack sur les racines carrées de l’infinitésimal espace temps du plan 3 arête 4 soit correcte, et que le polyèdruse à six faces et cinq côtés ait pour volume le triple du trapèze de Falfock divisé par Pi, calculez la différence du quotient du produit du produit des trois quotients du triangle aux droites illimitées par l’onguent mathématique sur la longueur trétaèdrisale de la circonférence du rectangle en ellipse ? Le visage de Nath avait pris une délicate teinte jaunâtre au fur et à mesure de l’énoncé. Déglutissant avec difficulté, elle parvint à questionner d’une petite voix : - Mais ça n’a rien à voir avec ce que j’ai dit ? - Réponds ! rugit la voix. Nath réfléchissait de toutes ses forces, non pas sur la question, car elle n’avait absolument rien compris et de toute façon elle était nulle en mathématiques, mais sur la façon de se tirer de ce guêpier. - Qu’est-ce que je vais faire ? gémit-elle à quelqu’un du groupe au hasard, puisqu’elle ne voyait toujours rien. - Mourir ? suggéra Marco. - Rallumons une torche et brûlons la Salle, murmura à voix très basse Val. - On a toujours cette potion, elle a peut-être un pouvoir spécial, dit Prisci. - Par exemple, le pouvoir de nous transformer en montres à pois ? répliqua Nath en martyrisant ses doigts. - Tant pis ! chuchota Ama. Tente le tout pour le tout et parle en langage mathématique. Il y a zéro virgule zéro une chance pour cent d’avoir la bonne réponse, mais qui sait ? Si ça rate, on incendiera tout. On n’a rien à perdre, de toute façon. - Bon… faute de mieux, répondit Nath avec l’impression d’être un condamné montant à l’échafaud. Inspirant profondément, elle improvisa sur place à voix haute : - Puisque l’hypothèse de Glakalck formule que a fois b est égal à moins b fois moins a plus moins deux ab, étant donné que la racine cube du triangle infinitésimal est immensément petite comparée aux trois centièmes de mille, il est évident qu’il faut prendre les quatre carrés du volume triple du trapèze du plan AB pour transposer sur face plane la moitié de l’aire de la base des trioposéludres. Ainsi, nous pouvons soustraire la circonférence de la Terre au diamètre du disque du rectangle ellipse et nous obtenons les trois racines du polyèdre nommé. Il ne nous reste plus qu’à effectuer le quotient infini de a sur b par trois ab et à fractionner les trois derniers nombres pairs de l’aire, ce qui nous donne quatre cinquièmes centimètres cube en métrage Pi. Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de compliqué là-dedans, ajouta-t-elle pour la forme. Il y eut un instant de silence pendant lequel Nath se dit que c’était foutu. Découragée, elle exécuta pour elle-même l’extrême-onction. La Salle réagit enfin, d’une voix lente et basse : - Ca n’est tout de même pas… Elle hésita, puis réagit violemment : - Non, non, c’est faux ! c’est faux ! Vous m’appartenez ! Vous êtes en mon pouvoir ! Personne n’a jamais résolu cette énigme ! Personne n’a jamais passé la Salle Sphinx ! - … ou alors, c’est un homme politique, psalmodiait Liko. Un sourd grondement retentit. Le groupe était blanc de frayeur. - Allume une torche, ordonna d’une voix basse et sifflante Ama à Val, qui s’exécuta en tremblant de peur. - Vous m’appartenez ! Les torches se rallumèrent, à la grande stupéfaction de tous. Ils purent voir et entendre les murs trembler. - Plus vite ! pressa Ama à une Val plus morte que vive. - Vous oubliez un truc, lança Marco. Les portes sont bloquées. Si vous incendiez la Salle, on va mourir brûlés vifs. Je préfère tout de même le sommeil lourd. Un grincement inquiétant fit crier Val et elle lâcha la torche qu’elle avait prise. Ebahis, ils constatèrent qu’un mur était en train de s’écrouler… - Merde ! jura Nath. Si une Salle ment, ses murs s’écroulent ! Bordel, je crois que j’ai touché juste ! - Si j’avais su ce truc plus tôt, j’aurais réussi toutes mes interros de maths, regretta Marco. - Je ne vous laisserai pas ! hurla la voix en colère. Val poussa un cri plus strident que jamais lorsque le mur tomba. Le groupe recula vivement pour lui échapper. Il était difficile de deviner qu’est-ce qui faisait trembler le sol aux taches de café : le choc du mur qui tombait sur lui ou la voix de la Salle ivre de rage, qui cassait les oreilles des membres du groupe en criant : - Vous êtes à moi ! à moi et à moi seul ! Un deuxième mur tomba. Les piaillements de Val, les tentatives de flirt de Marco, le bruit claquant des gifles d’Ama se mêlaient aux hurlements de la voix déchaînée : - A MOAAaaAargh… La voix faiblissait. Au troisième mur, elle gémit. Au quatrième et dernier, elle hurla mais cette fois-ci de douleur. Elle hurlait tellement fort qu’elle parvenait même à couvrir les cris de Val. Un hurlement inhumain, pénible, affreux. Lorsqu’il s’éteignit, la Salle était détruite. Il ne restait d’elle que quatre planches de granit noir. Les rescapés étaient au beau centre d’un espèce de carrefour – un couloir devant, des deux côtés, derrière –, choqués par la scène troublante à laquelle ils venaient d’assister. - Ou bien une usine de métallurgie ? proposa Liko en enjambant avec circonspection une des planches plâtreuses. - Ta gueule ! s’emporta Ama en l’assommant. - Je crois bien qu’on l’a échappé belle… lâcha Nath en repensant à tout ce qui venait de se passer. - Bon, il est temps de poursuivre, décida Prisci. Les aventuriers choisirent un couloir après s’être un peu disputaillés, et se remirent en route… |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Mar 6 Juin à 20:37 | |
| Episode 8 Nos aventuriers marchaient depuis un bon bout de temps. Ce couloir semblait n’avoir aucune fin. Il tournait tantôt à gauche, puis à droite, puis gauche et encore droite, gauche droite, gauche droite, tant et si bien que Val se plaignait de maux de tête. - C’est vrai, quoi, expliquait-elle. On se croirait en montagne. - En montagne ? répéta Liko. - Ben, oui ! - Et alors ? - Alors, quand tu montes en voiture la montagne, ça n’arrête pas de tourner. Marco sourit d’un air moqueur : - T’es jamais parti en montagne ? - Mais si ! s’offusqua Liko. - Cap ou pas cap de me décrire une botte de ski ? - Bon… intervint Ama. Cessez de faire les gamins ! - Gamins toi-même, non mais, marmonna Marco en accélérant l’allure dans une attitude qu’il croyait être empreinte de dignité. Nath soupira : - Je me disais bien qu’on n’aurait pas dû prendre celui-là… - Toi, la ferme ! rugit Marco qui avait, au contraire, soutenu avec ferveur le choix d’un tel couloir. - Peut-être pourrait-on faire demi-tour ? suggéra Prisci. - Hors de question. Si ça se trouve, les autres couloirs sont les mêmes. Et j’ai peiné pour avoir ces pieds presque en forme ! aboya Val. Corentin était toujours silencieux. Il marchait avec une lenteur désespérante. Plus d’une fois, Marco avait suggéré de l’abandonner, et c’était très difficile de devoir le lui refuser, car pour tous Corentin était une plaie. - Tu sais, Ama, avait déclaré Marco en observant Corentin. A force de le gifler et de l’assommer, t’as peut-être débloqué quelque chose dans sa tête ! - Avant d’émettre des théories bidon, répondit Nath avec un soupir exaspéré, vérifie au moins qu’il a un cerveau et fous-nous la paix ! - Ah ha ! triompha Marco. Toi aussi, tu doutes ! Bienvenue au club ! - C’est facile de le vérifier, fit Liko. On se place devant une oreille et si la lumière transperce, c’est qu’il y a rien. Ou bien Ama l’assomme encore une fois et s’il y a un écho, idem. - Tu veux que je t’assomme ou quoi ? rugit Ama. Liko se tut. - Si on faisait une pause ? suggéra Marco. J’ai faim. - Bon, accorda Nath. Ils s’assirent. Val déposa le sac sur le sol et l’ouvrit. Elle distribua des petits pains aux jeunes affamés, mordilla quelques morceaux du sien puis remballa le sandwich dans sa serviette avant de le remettre dans le sac. - Eh, tu manches fite ! constata Marco en mâchouillant presque la moitié de son pain. - Le pain, ça fait grossir pas possible, répondit tranquillement Val. Nath lui lança un regard si noir et si appuyé que Val finit par détourner les yeux. - Quoi ? demanda-t-elle innocemment. - J’arrive pas à le croire, dit lentement Nath. Nous sommes piégés dans des Souterrains où un Elgzag machin veut nous trucider par magie et toi, tu arrives encore à penser à ton poids ! - Tu comprendras quand tu seras grande, assura Prisci. - C’est ça, et ne mets pas les coudes sur la table tant que t’y es, grommela Nath. - Bon, eh ben moi, je vais pas rester là à vous attendre, déclara Val. Je vais me dégourdir les jambes. - Ou faire ton jogging ? susurra Nath. Mais Val était déjà partie. - Excusez-moi, mais une fille c’est bête quand ça veut, fit Marco en engloutissant avec difficulté le reste de son pain. - « C’est » ? répéta Ama, indignée. Dis tout de suite qu’on est des objets ! Comme chacun l’aura fort bien deviné, cinq minutes plus tard, les adversaires sortaient leurs épées. Le duel était tout aussi pathétique que l’autre, avec des coups que c’en était des pitiés. - J’ai l’impression d’être un petit vieux, tant cette épée est lourde, dit Marco. - Un petit vieux ? interrogea Ama en essayant de soulever son épée. - Ben oui, du genre… aïe, mon lumbago ! ajouta-t-il d’une voix très changée, lente et grinçante, en faisant mine de porter la main à son dos. - Ah ouais… et yaa, fit Ama en changeant sa voix aussi et en fendant l’air de son épée. - Oooh ! - Huuue ! Divertis, Prisci et Liko, qui formaient le public, écoutèrent les cris de guerre que lançaient « les petits vieux » en s’asticotant. Curieusement, Ama et Marco avaient l’impression de retrouver leur jeunesse. En effet, se battre à l’épée en étant des personnes âgées leur permettait de croire qu’ils avaient encore leur souplesse d’antan, ce qui les rehaussait dans leur estime. Alors que, lorsqu’ils étaient encore des « enfants », ils savaient au contraire que c’est pathétique puisqu’ils sont souples de toute façon. Je ne sais pas qui aura compris, mais soit. Retenez qu’être des « petits vieux » était flatteur pour leur talent en escrime. Et puisqu’ils avaient confiance, leurs coups étaient – un peu – plus adroits, plus vifs. - Cessez-le-feu, réclama Marco de sa voix lancinante. C’est l’heure de prendre mes antibiotiques ! - Qu’est-ce que tu dis ? hurla Ama d’une voix de gorge. - Je disais, cria Marco d’un ton guttural : Cessez-le-feu ! Pause antibiotiques ! - Nooon ! refusa Ama en lançant son épée. - Siiii ! lança Marco en parant adroitement – pensait-il – le coup. - Soit ! Prends-les, tes antibiotiques ! De toute façon, je vais devoir prendre les miens aussi ! Marco put donc rengainer son épée et boire un coup. - Essayez-vous d’insulter les personnes âgées ? demanda Nath. - Mais non, enfin ! De toute façon, ils sont pas là pour nous voir, alors… - Et alors ? Marco haussa les épaules et but une longue gorgée. - Pourquoi vous ne vous entraînez pas ? interrogea-t-il en rebouchant la bouteille. - A l’épée ? - A l’épée, à l’arc et à la dague ! C’est vrai, on sait pas s’en servir, de nos armes. - Exact, admit Nath. Bon, eh bien, autant commencer tout de suite. Tiens, Val revient… En effet, Val revenait au pas de course, un étrange objet dans la main. - Elle a rencontré Elgzag qui lui a donné une bombe magique et elle va nous le péter à la gueule parce qu’elle a été ensorcelée, enregistra Liko. - Vous n’allez pas me croire ! hulula Val, visiblement fort satisfaite. - Mais si, tu as rencontré Elgzag, fit Prisci. - Non, non… Mais regardez… Elle exhiba l’objet et Marco partit pour un fou rire nerveux. - Une balance… aha… - Un pèse-personnes, on dit, corrigea Nath. Où t’as trouvé ça ? - Comme ça, délaissé sur le sol. - Ce serait pas une ruse, par hasard ? - Une ruse ? s’esclaffa Val. En quoi veux-tu que ce soit une ruse ? - Enfin, quoi, reviens un peu à la raison ! T’as vu beaucoup de pèses-personnes qui traînent, comme ça, dans un couloir ? Ce n’est certainement pas une ferraille ordinaire ! - M’en fous, je l’essaie tout de suite, badina Val en déposant la balance sur le sol. - Attends, mais non ! - J’ai sûrement pris cinq cents virgule cent grammes, se dit-elle avec anxiété en levant un pied. - Arrête, stop, STOP ! Le pied allait entrer en contact avec l’espèce de plastique du pèse-personnes très certainement maléfique. La corne de la plante allait FRÔLER la surface immaculée ! Cinq millimètres de distance… quatre, trois, deux, un, un et trois quarts… Nath sauta. Et fonça sur la malheureuse Val qui allait monter sur la balance. Et la bouscula courageusement. Val piailla, surprise puis irritée. Elle tomba juste à côté de l’étrange pèse-personnes. Nath eut de la chance : sa chaussure était toute proche du côté de la balance. - Comment veux-tu que je me pèse si tu me sautes dessus comme ça ? s’indigna Val. - Il faut PAS te peser ! lâcha Nath. - Je te trouve un peu ridicule, dit Prisci. Ce n’est qu’une balance… - Trouvée dans ces Souterrains à la con ! J’y crois pas. - Je m’en moque, je l’emporte quand même, décida Val en ramassant la balance – ce qui fut heureusement sans conséquence. Je ne me pèserai pas pour le moment, mais si j’estime que j’ai pris du poids, je te préviens, je monte dessus que tu sois d’accord ou pas ! - Très bien, accorda Nath d’un ton fatigué. D’un geste, elle déclara qu’il était temps de se remettre en route – et sans commentaires, vu le visage. |
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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Mar 6 Juin à 20:37 | |
| Episode 9 Un bon petit pain frais avait visiblement ragaillardi Corentin. Il traînait moins les pieds et allait presque aussi vite que les autres. Soudain, Marco, qui était en tête, stoppa net. Les autres s’arrêtèrent également sans savoir de quoi il s’agissait au premier abord : il faisait sombre. - C’est pas vrai ! lâcha Marco, visiblement anéanti. - Quoi ça ? demanda Val, inquiète. - Merde, c’est pas possible ! - Rââ, mais dis-nous ! s’impatienta Nath. - Non, j’le crois pas ! Ama s’avança et se figea : - Non… c’est pas vrai ! - Mais quoi ! piailla Val en s’avançant à son tour. Elle s’immobilisa. - Merde alors ! - Est-ce que quelqu’un va consentir à nous expliquer ? fulmina Nath. - Peut-être que ma vue me trompe ? espéra Val. - MAIS BORDEL ! - Tu as raison, c’est sûrement une illusion d’optique, approuva Marco. - Merde à la fin, qu’est-ce qu’il y a ! - Peut-être que par ici… commença Ama. - Si tu veux savoir, t’as qu’à t’avancer aussi, suggéra Val. Tempêtant, Nath s’avança donc et se figea aussitôt, frappée de stupeur. - Alors là ! - Tu vas pas recommencer, grommela Liko. - Ca se termine en cul-de-sac, répondit Nath, navrée. - QUOI ! s’écrièrent deux voix paniquées. Corentin demeura silencieux. Ama n’eut même pas à l’assommer. Visiblement, il avait compris la leçon. - J’ai fatigué mes pieds… pour rien ! se lamenta Val. - Tout ça pour des prunes ! ragea Marco. - Je suppose qu’il n’y a plus qu’à faire demi-tour, soupira Prisci. - Pas question ! refusa Val, catégorique. Je vais pas refaire tout le chemin ! - Si tu veux, je… Non, finalement je ne te porterai pas, se ravisa Marco en se représentant le trajet avec une soixantaine de kilos dans les bras, toute glamour fut-elle, et une gifle costaude d’Ama en prime. - D’accord, passe-moi le sac, commanda Liko. - Tu viens avec nous ! ordonna Nath. - De toute façon, si tu viens pas, tu mourras de faim, prédit Prisci. - Bon, bon, céda Val à contrecoeur. - Chut ! chuchota soudain Ama. Tous se turent. Un étrange bruit résonnait dans le couloir. A la grande horreur de chacun, ils comprirent que c’étaient des cris de guerre accompagnés de tintements d’armures. - Mon Dieu, on est cuit ! s’affola Val. Corentin ouvrit la bouche. - D’accord, OK, je dis rien ! précisa-t-il avec hâte en voyant Ama lever la main. - Que faire ? se lamenta Prisci. - Combattre ! dit glorieusement Liko en dégainant son épée avec un sifflement métallique. Nath ouvrit les yeux : - T’es dingue ou quoi ? On s’est jamais entraîné ! - Ca, c’est pas ma faute ! lança Marco. - Les voilà ! s’écria Liko. Val s’évanouit. - C’était vraiment le moment ? râla Marco. - Dégainez vos épées ! commanda Ama. Une armée était apparue devant leurs yeux ébahis. Et je ne dis pas armée à la légère. Cottes de mailles, armures, lances, épées : Elgzag ne faisait pas dans la demi-mesure quand il s’agissait d’assassiner ! - Stop ! commanda ce qui devait être le commandant. Vous avez encore une chance de vous en tirer, ajouta-t-il à l’adresse du groupe. Baissez vos armes et écoutez-moi ! Avec méfiance, les jeunes gens rengainèrent leurs épées. Seul Marco n’acceptait pas de baisser son arme. Il fallut qu’Ama menaçât de l’assommer pour qu’il consentît de mauvaise grâce. - Notre bien-aimé Maître dont-le-Nom-ne-peut-être-prononcé-tant-il-est-noble-pour-de-pauvres-cons-comme-nous a noblement accepté de vous laisser une chance, en effet. Sa bienveillante Grandeur a daigné s’intéresser à de misérables moucherons comme vous. - Merci, on a remarqué, marmonna Liko. - Silence, imbécile !… Vous abusez de la très grande Patience du puissant Maître dont-le-Nom-ne-peut-être-prononcé-tant-il-est-noble-pour-de-pauvres-cons-comme-nous ! Il sait que vous êtes nos ennemis, car nulle intelligence ne peut même penser à rivaliser avec la Sienne, mais Il est si modeste qu’Il nous envoie vérifier ce fait. Obéir à Ses ordres est pour nous plus qu’un honneur : une joie qu’aucun de vous, connards jusqu’à l’âme, ne peut en imaginer l’étendue… Au nom de la foi que nous portons à notre grand Maître dont-le-Nom-ne-peut-être-prononcé-tant-il-est-noble-pour-de-pauvres-cons-comme-nous, je vous le demande sur notre honneur et notre raison d’être : êtes-vous, oui ou non, des ennemis sans la moindre pitié dont l’étrange imbécillité désire détrôner notre bienveillant Souverain dont-le-Nom-ne-peut… - Oui, ça va, je commence à le mémoriser, votre dont-le-truc-peut-à-peine-être-mâchouillé-tant-il-est-con-pour-des-savants-comme-nous ! lança Marco. - Marco ! se récria Ama en le giflant. - Vous n’avez pas répondu, connards ! gronda le commandant. - Comment, connards ? s’indigna Marco en s’éloignant d’Ama. Connards vous-mêmes, espèces de… - ARRÊTE ! intima Ama en sortant son épée dans l’intention de la massacrer sur Marco. Erreur fatale ! Le commandant prit ces derniers mots et gestes comme la réponse à sa question. Il leva sa lance et la dirigea vers le groupe, bientôt imité par tous les soldats : - Vous l’aurez voulu, vermine !… Comment osez-vous ? Vous n’êtes que des lâches. Au nom de notre grand Maître dont-le-Nom-ne-peut-être-prononcé-tant-il-est-noble-pour-de-pauvres-cons-comme-nous, CHARGEEEEZ !! - Mon Dieu, ils vont nous massacrer ! s’affola Prisci. C’est fini ! Lances hérissées, l’armée se jetait sur eux. - Faut faire quéquchose, et vite ! piailla Nath, apeurée. N’importe quoi ! A tout hasard, Liko jeta le contenu de sa gourde sur l’avant-garde. Des guerriers poussèrent des cris : d’horribles et innommables brûlures s’étendaient là où l’étrange potion les avait atteints. Les victimes s’effondrèrent, et leurs camarades, horrifiés, se bousculèrent un peu dans tous les sens : le commandant, tué aussi par la potion, n’était plus là pour les rappeler à l’ordre. - C’est de l’acide, sans doute, comprit Liko. - Profitez de l’avantage ! cria presque Ama. Foncez ! - Ils sont dispersés, OK, mais ils ont toujours des lances ! répliqua Prisci. Et moi, je me suis jamais entraînée ! - Non ! je sais ce qu’il faut faire, assura Liko. Il faut profiter de la terreur de l’acide qu’ils ont ! Leur faire croire qu’on en a cent litres ! - Même avec cent litres, on détruira pas une armée entraînée depuis des années par la peur ! riposta Ama. Si on reste là, c’est la mort assurée : il faut faire quelque chose ! - Les flèches ! dit brusquement Nath. J’ai un peu tiré à l’arc dans un stage scolaire pourri sur la préhistoire ! En connaisseuse, elle sortit son arc et tira une flèche. La flèche frôla un cheveu d’un soldat et s’abattit sur le sol. Mais étrangement, un soldat qui était aux environs de l’endroit où la flèche était tombée se mit à sautiller à cloche-pied en criant de douleur et en tenant un pied ensanglanté, puis tomba. - Merde, ta flèche les a rappelés à l’ordre ! constata Ama. Ils foncent de nouveau sur nous ! Sans espoir, Liko essaya de jeter une nouvelle fois l’acide, mais seules quelques gouttes jaillirent et s’étalèrent sur le sol. Néanmoins, les soldats qui avaient piétiné la surface liquide se jetaient aussitôt contre terre où leur corps rencontrait de nouveau de l’acide. Les hommes qui les précédaient trébuchaient sur leurs corps et tombaient à leur tour, ce qui faisait un peu désordre. Nath tira de nouveau une flèche. Et là, elle eut la preuve que Dieu existe. Car la dite flèche atteignit par miracle la hanche d’un soldat, qui hurla et tomba, agité de soubresauts. « Les pointes doivent être empoisonnées… » pensa-t-elle, très fière de son exploit. Un soldat fit mine de se jeter sur Ama, lance pointée. Erreur. Ama eut tôt fait de désarmer l’ennemi de sa lance d’un adroit revers de l’épée et l’attrapa vivement. Elle transperça le ventre du soldat surpris avec la lance en question et la retira : le malheureux était mort. Mais ni l’acide de Liko – qui n’en avait de toute façon plus la moindre molécule –, ni les flèches de Nath – même s’il fallait admettre qu’elles faisaient tomber nombre de soldats –, ni le talent d’Ama, qui défendait pourtant avec fougue le groupe avec sa redoutable épée, ne pouvaient les tirer du guêpier. Les ennemis étaient trop nombreux, voilà tout. Pourtant, ils se défendirent abruptement, avec l’énergie du désespoir, et tous se mettaient à l’ouvrage, même ceux qui n’avaient jamais touché à une épée. Seuls Val et Corentin restaient à l’écart. Val, parce qu’elle était toujours évanouie : et Corentin, parce qu’il priait pour que les âmes des fiers guerriers trouvent le repos dans l’au-delà. Vous me demanderez sans doute : mais comment une petite bande de cinq paumés qui ne savent même pas comme s’appelle l’art de l’épée peut faire tomber tant de soldats entraînés toute leur vie à combattre ? Peut-être parce que les soldats ne s’attendaient pas à tant de résistance. Ils étaient arrivés et s’étaient lancés dans la bataille comme on boit son café, en se disant : « J’irais bien au ciné, ce soir ». Comment imaginer qu’ils avaient de l’acide en leur possession, qu’Ama était une redoutable guerrière et qu’une gamine savait comment on positionne une flèche sur un arc ? Comment même deviner que le groupe avait de telles armes ? Et le temps de s’aviser de l’étendue de leur ignorance, Ama avait déjà coupé trois têtes des leurs et Nath tué, au bon vouloir de l’arc, cinq compagnons. La surprise jouait en faveur du groupe. Ce n’est sans doute pas une très bonne explication, mais c’était ainsi, voilà tout. Cependant, seconde après seconde, l’armée reprenait l’avantage. C’étaient tout de même de rudes guerriers. Ils visaient surtout cette jolie fille évanouie et ce jeune toqué qui priait en dansant. L’une ou l’autre pouvait leur servir d’otage. Comme Nath était tout occupée à jouer à l’archer, qu’Ama était trop indispensable au groupe pour se désintéresser de sa tâche et que Marco se croyait encore plus violent qu’Ama elle-même, c’étaient Liko et Prisci qui gardaient l’œil sur les deux compères et veillaient à ce que nul soldat ne les approchât. Au début, ils avaient un peu pataugé, comme Marco, mais ils gagnaient de l’assurance au fur et à mesure qu’ils maniaient leur épée. Nath s’éloignait le plus possible des combats. On ne se bat pas au corps à corps avec un arc. Elle se tapissait dans un coin, s’attaquant en priorité aux soldats qui s’approchaient d’elle. L’armée avait très vite compris qu’après Ama, celle qui faisait le plus de torts était cette petite aux cheveux crépus. De ce fait, Nath était en mauvaise posture, d’autant plus que son carquois s’épuisait et qu’elle n’allait pas tarder à être à cours de flèches. Voyant qu’il ne lui en restait que trois, elle cria à Corentin : - Lance-moi ton carquois ! - Non, mon carquois est celui du Seigneur, je ne le donnerai pas à tes mains souillées… - Donne-le-moi, crétin ! C’est le Seigneur qui te l’ordonne ! Saisi de respect, Corentin défit avec mille précautions son carquois et le lui donna en inclinant la tête. Nath « fit le plein de flèches » en vitesse et repartit à l’attaque. Ama était couverte de zébrures sanguinolentes. Toujours tête brûlée, Marco en avait au moins le double. Prisci et Liko n’avaient pas meilleure allure. Nath était la seule à ne pas avoir la moindre égratignure : mais ses bras étaient épuisés, et ses jambes saisies de crampes. Val, défendue courageusement par Liko et Prisci, n’avait absolument rien. Corentin était en train de hululer au Seigneur qu’Il pouvait aller le chercher lorsqu’il poussa un cri de douleur : une flèche s’était plantée dans son épaule. Il s’effondra. Prisci jeta un regard foudroyant à Nath. L’armée n’avait pas d’archers. Nath haussa les épaules. Ce n’était pas le moment de discuter. Oui, le groupe se défendait vaillamment. On chanterait ses exploits longtemps durant, si les honnêtes gens avaient vent de l’affaire. Mais la défaite serait inévitable. L’armée était beaucoup trop importante, trop puissante. Ils étaient perdus. Une heure passa, interminable. Quand soudain… |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Mar 6 Juin à 20:37 | |
| Episode 10 Quand soudain, un hurlement retentit, si puissant qu’il couvrait les effusions de la bataille : - STOP ! Arrêtez ce cirque ! Aussitôt, les soldats cessèrent. Ils semblaient soudain terrorisés. Ils baissèrent la tête et s’écartèrent, tremblants. Marco ricana, croyant avoir sa victoire. Mais Nath l’arrêta alors qu’il s’apprêtait à charger, l’épée levée : - Non, cette méthode n’est pas loyale. Si l’armée déclare forfait, tu te dois de ne pas l’attaquer. Elle savait ça uniquement grâce à ses lectures. Epuisée, elle s’affala dans son coin et décrispa ses bras tendus. Ama eut un vertige et tomba à genoux. Prisci et Liko s’allongèrent sur le sol, haletants. Seul Marco refusait de se reposer. Il essaya de faire tourner son épée comme une derviche mais il n’y gagna qu’une éraflure au genou. Un vieillard se frayait un chemin dans l’armée. Tous étaient trop fatigués pour vérifier s’il avait l’air accueillant ou pas : ils retenaient simplement qu’il leur permettait le repos. Le nouveau venu dit quelque chose qu’ils ne saisirent pas, épuisés comme ils l’étaient. Ils eurent la vague impression que l’armée fuyait au pas de course. Un calme terriblement apaisant tomba. - Eh bien, fit l’homme au bout d’un long, très long moment. Moment durant lequel chacun s’était plus ou moins refait une santé. - Vous pouvez être fiers, vous avez très bien combattus. - Evidemment, répondit Marco, nullement étonné. - Qui êtes-vous ? demanda Ama. - Je ne fais que passer, le temps de soigner vos blessures… - Vous n’avez pas répondu à ma question ! Qui êtes-vous ? - Un rebelle, lui fut-il répondu. Un magicien de l’ordre des Blancs, qui connaît assez les Souterrains pour vous faire passer ce passage secret. Mais vous n’êtes pas en état de recevoir de longues explications. Le magicien leva les mains au ciel et clama une phrase incompréhensible. Aussitôt, toutes les blessures furent soignées et chacun se sentit revigoré. La flèche de Corentin disparut et la plaie se cicatrisa d’elle-même. - Maintenant qu’on est en état de recevoir de longues explications, voudriez-vous nous expliquer ? demanda Ama d’une voix fleurie. - Bien entendu. Je m’appelle Helsor. Je servais autrefois Elgzag, Maître Noir des Souterrains, car à l’époque je faisais également partie de son ordre pourri. Mais il me fit une traîtrise, et je rejoignis ses ennemis, les Blancs. Tout le temps que je l’ai servi, il m’enseigna toutes les cachettes et passages secrets des Souterrains : je les connais par cœur. Vous êtes ici dans le treizième arrondissement – et oui ! comme en France –, dans le secteur cinquante-neuf. Ce passage est très secret : à part moi et Elgzag, personne ne le connaît. Il vous mène directement au secteur cent. - Et qu’est-ce qu’il a de particulier, ce secteur cent ? questionna Ama. - C’est la toute dernière partie des Souterrains, celle qui est la plus haute. Au-dessus, c’est la surface terrestre. Le secteur cent est un véritable labyrinthe, mais il existe un truc très simple pour s’en tirer : ne jamais utiliser de portes. Suivez scrupuleusement cette consigne, et vous finirez bien par trouver la sortie. - Et que trouvera-t-on, une fois dehors ? Où serons-nous, d’un point de vue géographique ? Avez-vous une idée de comment a-t-on atterri ici ? Le visage d’Helsor s’assombrit. - Vous serez sur l’Île. - L’Île ? répéta Ama, intriguée. - Ou l’Île-Sans-Nom, si vous préférez. - L’Île-Sans-Nom ? Où ça se trouve ? - Au centre exact de l’océan Atlantique. C’est une île si petite et si entourée de courants que même les plus ambitieux explorateurs ne l’ont jamais trouvée. Ne savent qu’elle existe que ceux qui habitent les Souterrains. Un frisson parcourut le groupe. - Voulez-vous dire… demanda Ama d’une voix lente et peinée, que même si on arrive à sortir de là, personne ne viendra nous chercher ? - Hélas, non ! - Mais je veux pas moisir là, moi ! cria Val, qui avait repris connaissance. - Du calme, il existe un moyen pour sortir d’ici… Tous les visages étaient tournés vers lui. - Au-dessous de nos pieds, très profondément, tout au fond de l’eau infinie de la mer, là où la mer s’arrête et où il y a le sol irrégulier, en-dessous de ce sol, vous trouverez un tunnel. Ce tunnel part d’ici, chemine un bout bon de temps, puis remonte, peu à peu. A un moment, vous êtes dans un tuyau, au-dessus de la terre, tout au fond de la mer. Puis, ce tuyau prend contact avec le bout d’un continent. Le tunnel reprend sa route dans le continent, il grimpe très serré et il vous faut des machins d’escalade, et puis il s’arrête et vous devez creuser un peu. Et enfin, vous êtes à l’air libre, sur un continent dont j’ignore le nom. Silence étonné. - Et vous pouvez nous mener à ce tunnel ? s’informa Ama. Helsor se mit à rire : - Et comment ? Frisson glacé qui parcourt le groupe. - Quoi ? - Personne n’a jamais su comment atteindre ce tunnel. Elgzag lui-même l’a oublié. Ou alors, il le prétend ! - Mais alors, à quoi ça nous sert, votre truc ? s’écria Val. - Vous avez visiblement tout votre temps, ici. Démerdez-vous, les jeunes. Quant à moi, je dois vous laisser. Je vous ouvre ce passage ? - Nan, nan, répondit machinalement Nath. - Parfait. A une prochaine fois ? Les contours d’Helsor tressaillirent, comme s’ils étaient flous. Helsor pâlit, puis disparut comme on souffle une bougie. - Le salopard ! lâcha Marco, indigné. Mais quel crétin ! - Il nous a sauvés de la bataille, souligna Liko avec un curieux souci de justice. - Ouais, c’est ça, mais t’as vu sa gueule quand il nous a dits que c’est impossible d’aller à son truc ? Il se tordait littéralement de rire ! Il était enchanté de savoir qu’on est dans la merde ! Liko leva les bras dans un geste qui signifiait : « Fais, mon grand, fais comme tu l’entends. Moi, je m’en mêle pas et je serai zen. » Ama décida qu’il était bon de s’en mêler. Elle venait à peine de sortir son épée lorsqu’un étrange sifflement retentit. Et avant qu’elle n’ait pu éclaircir ce mystère, Marco poussait un cri, un cri de joie – !. - REGARDEZ ! s’écria-t-il en tendant un doigt. - Un objet non identifié est apparu sur le sol pavé ! se récria Val. - Mais je sais ce que c’est, crétine ! C’est un ballon en cuir ! Yahoo ! - Un ballon en cuir ? mais qu’est-ce que c’est que ça encore… soupira Nath en s’approchant. Trop tard, le mal était fait. Dans la plus profonde préhistoire, la génération masculine révérait les ballons, surtout s’ils étaient en cuir. Les jeunes hommes d’aujourd’hui ont l’instinct de leurs ancêtres. Automatiquement, ils deviennent fous devant un ballon. Et automatiquement, un mot spontané leur vient à l’esprit et aux jambes, à la tête et aux pieds, un mot anglais, bien connu, souvent détesté, souvent regardé, souvent adulé, un mot qui est thème de spectateurs toujours déçus et fous furieux, un mot pas très joli, enfin bref : football. Comment empêcher Marco de s’élancer vers le dit ballon, un grand sourire lui barrant le visage ? Comment empêcher Liko de le rejoindre, bondissant telle une gazelle vers l’objet adoré ? Même Corentin perdit toute dignité et rejoignit ses camarades vers la balle sacrée. Les filles, elles, prévoient le désastre. Elles savent que le foot, surtout avec une balle en cuir, est quelque chose de meurtrier. Les coups sont durs. Il faut se plaquer sur un mur, se tapir loin des garçons fous pour échapper aux assauts de la balle. Et si on est atteint par l’horreur noire et blanche, on peut être certain qu’un énorme, un gigantesque bleu se développera à l’endroit visé. - Vous n’allez quand même pas jouer au foot ? s’indignait Nath, désespérée face à cet événement imprévu, mais les autres ne l’écoutaient même plus. Déjà, ils ramassaient le ballon et se faisaient des passes. - N’oublie pas, Marco, dit Liko d’un ton léger. Nous avons décidé de jouer au handball ! Autrement dit, on joue avec les mains, et pas avec les pieds… Un moment de jeu passa. Les filles étaient soulagées que ce soit du handball, un jeu bien tranquille, lorsque soudain elles eurent la vague impression que… et ce fut confirmé lorsque Liko hurla : - Shoote, shoote ! L’appel de la balle était trop puissant. Si le premier choix s’était fixé sur le handball, ça n’avait pas duré. - Et merde, vous voulez tous nous tuer ?! cria Nath, dépassée. Un peu moins fort… AÏE, merde, non didju ! Tandis qu’elle soutenait sa jambe touchée, les trois joueurs s’attroupèrent autour d’elle pour récupérer la balle sans lui prêter plus d’attention que s’il s’agissait d’un pan du mur. Il n’en fallut pas longtemps pour que le ballon la touchât deux fois. - Une balance, et maintenant un ballon, soupira Nath en s’éloignant. Le monde est devenu fou ! - Remarque, ce sont deux mots qui commencent par les trois mêmes lettres, remarqua Val. Il y a une connivence rien que par le vocabulaire. Nath leva les yeux au ciel. - Mais qu’est-ce que je fous là, moi… maugréa-t-elle en marchant nerveusement. - Merde, faites attention, quoi, on existe ! se récria Prisci en évitant de peu un jet meurtrier. - Allez, passe, passe ! - Shoote ! Nath regarda la scène, l’œil critique. Le ballon roulait pas loin d’elle : elle se jeta dessus. « Ces fous seraient capables de me shooter dessus parce que j’ai la balle en mains » pensa-t-elle en voyant les garçons s’approcher. Il fallait faire vite. - Val ! Passe-moi ton sac ! haleta-t-elle en courant vers la dite jeune fille. Val le lui donna sans se presser. A toute vitesse, Nath trouva une torche et des allumettes. Elle alluma une torche et se retourna vers les garçons qui s’apprêtaient à lui voler la balle des mains. - Tututut ! chantonna-t-elle, soulagée d’avoir trouvé le truc. Si vous vous approchez encore, je mets le feu à votre ballon. Pareil si vous en jouez trop. Même chose si vous jouez comme des démons et si j’ai encore le moindre bleu. - C’est du chantage ! s’indigna Marco. - C’est scandaleux ! s’écria Liko. - Je dirai même plus… ajouta Corentin. - Mais c’est la seule manière de vous ramener à un peu de dignité, répondit Nath sans se troubler et en rangeant le ballon dans le sac. Liko se mit à grommeler, les mains dans les poches. Après un petit grignotage, nos aventuriers reprirent la route. Leur moral était au plus bas. Comment atteindre ce foutu tunnel ? Ils regrettaient de ne pas avoir passé le passage secret : au moins, ils auraient su quoi faire et où aller. Là, ils erraient au bon plaisir des couloirs. Ils étaient toujours dans le couloir tortueux lorsque Ama lâcha : - Stop ! - Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? demanda Nath. - Bah rien, mais je pense que ce serait bon de dormir un peu. - C’est vrai, on n’a pas dormi depuis… réfléchit Val. - OK, qui prend le premier tour de garde ? demanda Prisci. Après s’être un peu disputés, il fut décidé que Marco prendrait le premier tour de garde – c’est ça, avoir de la fierté… hein, Marco ? – et Ama, le deuxième. Malgré ce qu’avait promis Marco, il s’endormit dans sa veille et ce fut Liko qui éveilla le groupe. Marco subit une bonne engueulade et comme Nath avait décrété qu’il serait interdit aux garçons de jouer au foot jusqu’au prochain « matin », c’est-à-dire jusqu’à la prochaine nuit de sommeil et plus précisément au réveil, il ressemblait plus à un livre de viande hachée qu’à un gentil garçon après avoir subi le « discours » des autres jeunes hommes. Inutile de conter les commentaires de voyage. Je zappe cette longue marche et m’arrête donc à la sortie du couloir tortueux, à l’espèce de carrefour qui fut autrefois la Salle. |
|  | | Claire Luminatis Directrice Adjointe de Poudlard, Directrice de Gryffondor, Professeur de SACM

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 | Sujet: Re: Tralalalalaoaaaa Mar 6 Juin à 20:38 | |
| Episode 11 - Stop ! clama Nath. - Quoi ? questionna Liko. - Bah rien, j’ai juste envie de me recueillir un instant. - Te recueillir ? Marco ne se moqua pas de l’expression. Il préférait grommeler et se plaindre à voix basse. - Bah ouais, c’est ici que j’ai résolu le problème le plus difficile de toute la génération, alors que j’étais nulle en maths. - N’importe quoi, t’improvisais sur place sans réfléchir. Faut prendre un couloir, affirma Liko. Ils choisirent ce couloir-ci. Nath avait mal à la gorge à force d’avoir crié. Le couloir se terminait par quatre portes. - Ils le font exprès ou quoi ? râla Nath. Ils veulent que j’assassine tout le groupe ? Ils prirent la troisième. Mais il y avait encore trois directions : à gauche, tout droit, à droite – non, sans blague ? Ils finirent par aller tout droit. Puis, ils choisirent la première porte. Ensuite, ils décidèrent de continuer à aller tout droit. Après, ils prirent le vingt-cinquième chemin – non, pardon, le vingt-septième. Ce fut lorsqu’ils avaient cinquante portes devant eux que Val glapit, effarée : - Mon Dieu ! nous sommes dans un labyrinthe ! Si vous voulez bien – en fait, je m’en fous, mais je le dis quand même pour la forme –, laissons ici nos malheureux compagnons. Il est temps de savoir ce qu’il se passe du côté ennemi… Nous sommes dans une pièce obscure. Mais oui, je sais bien qu’on n’y est pas, mais c’est une expression pour dire que l’histoire se déroule dans une pièce obscure, voilà. Mais ouaiiis, je parle français, et je te retourne la question… Ah oui ? Eh bien, essaie si t’en es capable… - VOS GUEULES ! cria un des lecteurs. L’histoire ! - Pas facile de parler, hé ? ricana mon ennemi. Avec le nez cassé et cinq dents en moins ! - Ge be vengebai ! menaçai-je, mouchoir au nez et poing en l’air. Bon, bref… je disais donc : l’histoire se déroule dans une pièce obscure. Un faible éclairage invisible révélait par en-dessous la silhouette d’un homme imposant, allongé sur un fauteuil confortable rempli de coussins, trois sacs de bonbons à la main. Miam. En face de lui, un autre homme nettement plus grêle et plus petit était agenouillé, la tête baissée. - Que me veux-tu, mauvais sujet ? articula l’homme aux bonbons, d’une voix terrible même s’il mangeait en même temps. - Grand Maître dont-le-Nom-ne-peut-être-prononcé-tant-il-est-noble-pour-de-pauvres-cons-comme-nous, j’ai – si votre Grandeur daigne écouter un pauvre con dans mon genre – des informations à vous communiquer, répondit l’homme agenouillé, d’une petite voix timide, toute tremblante de peur. - Quelles informations ? Concernent-elles cette bande de jeunes crétins ? - Oh, oui, oui, Puissant Seigneur dont-le-Nom-ne-peut-être-articulé-tant-il-est-glorieux-pour-de-pauvres-imbéciles-comme-moi… - Parle ! - Magnifique Roi dont-les-yeux-ne-peut-être-admirés-tant-ils-sont-sublimes-pour-de-pauvres-crétins-comme-nous, la bande a… enfin… comment dire ? - La bande a quoi ? Dois-je dépêcher un serviteur pour te battre au fouet, ou le pauvre imbécile que tu es va-t-il me répondre dans la seconde qui suit ? - Tout de suite, Seigneur… La troupe de trente Guerriers… a été retrouvée… Elle a été… hm, sauvagement trucidée. - COMMENT ? s’indigna l’homme aux bonbons. Comment est-ce possible ? Tu me mens, Farseg ! Cet affront doit être puni ! - Maître Eternel dont-la-puissance-est-la-plus-grande-de-tout-l’Univers, daignez entendre le misérable avorton que je suis… - Je n’ai pas besoin de toi ! Tu n’es qu’un menteur. A cause de toi, je vais devoir me fatiguer… Et je serai probablement trop épuisé pour commander un fouet… Tu y iras toi-même ! Bien ! Serviteurs, ma boule de cristal ! On apporta à l’homme sur le fauteuil la boule de cristal en question, sur un coussin de velours. L’homme plissa les yeux en promenant ses mains au-dessus de la boule. Puis il se rallongea et plongea rageusement sa main dans un sac. - Ce n’est pas possible ! hurla-t-il, furieux. Tu dis vrai : c’est bien pire ! Tu seras puni au fouet. As-tu encore autre chose à me communiquer ? De bonnes nouvelles, j’espère… - Hm… eh bien en fait… oui, je crois, peut-être, Tout-Glorieux dont-les-pouvoirs-n’ont-nul-rival… hm… - Parle ! Tu as intérêt à ce que je sois satisfait… - Hm… voilà… Pour ces Guerriers… nos magiciens, enfin non je veux dire, ajouta précipitamment l’homme, soudain horrifié. Son interlocuteur s’était redressé, les yeux flamboyants. - Nos imbéciles-qui-prétendent-avoir-quelques-pouvoirs-mais-en-fait-ils-sont-très-nuls, rectifia avec hâte l’homme en parlant au sol. - Evidemment, triple crétin ! rugit « le Maître ». As-tu oublié la Convention du Langage ? Il n’y a que moi qui suis magicien, moi seul ! Les autres ne sont que des imbéciles-qui-prétendent-avoir-quelques-pouvoirs-mais-en-fait-ils-sont-très-nuls. Entends-tu, scélérat ? - Bien sûr, Suprême Magicien aux mains puissantes… Nos imbéciles-qui-prétendent-avoir-quelques-pouvoirs-mais-en-fait-ils-sont-très-nuls ont donc découvert qu’apparemment, nos Guerriers ont simplement été massacrés avec barbarie par un objet surdimensionné et très encombrant. Autrement dit… cette bande ne les a nullement battus avec des armes, autrement dit ce sont des lâches, des couards… Ils ne sont donc pas forcément doués en escrime, à l’arc, et tout ça… - Ce seront donc des moucherons faciles à écraser… - Mais… il est de mon devoir de tout vous dire, Maître Guerrier à l’épée de feu… - Parle ! - En faiteuuh… vous savez… l’armée que vous avez envoyée ? - Quoi ? rugit l’homme aux bonbons. Ne me dis pas qu’ils sont revenus bredouilles ! Si c’est le cas, tu en seras quitte pour trois nuits blanches de torture ! - Ben… euh… arheum... c’est-à-dire que... Ils sont revenus au quartier, ils manquaient des leurs… Ils ont expliqué qu’ils avaient trouvé cette bande et qu’ils s’apprêtaient à les mettre en charpie pour insultes impardonnables et menace de l’épée, lorsque… oh, zut, je sais plus comment on l’appelle... - LORSQUE QUOI ? hurla l’homme en furie. L’homme à genoux tira de sa poche un rouleau qui semblait très épais. Il le déroula et le parcourut hâtivement des yeux, tandis que son interlocuteur trépignait d’impatience. Enfin, il poussa un soupir de soulagement et murmura un vague : « j’ai trouvé ». - Donc… euh… lorsque le-traître-imbécile-triple-connard-qui-devrait-être-électrocuté-décapité-pendu-haché-bouilli-écrasé-empalé-cloué-je-jure-de-le-tuer-si-je-le-vois-sur-mon-honneur est apparu, Grand Maître dont-le-génie-est-trop-parfait-pour-être-imaginé… - Comment ? Qu’as-tu dit ? tonna l’homme aux bonbons, plus furibond que jamais. Il semblait tellement furieux qu’il n’arrivait pas à trouver ses mots. - C’est tout ce que tu as à me dire ? Eh bien, va à la salle de torture tout de suite ! Exécution ! Tu y restes tant que je n’ai pas besoin de toi. Et ce sera ainsi jusqu’à mon bon plaisir. Tout de suite ! Plus vite que ça ! - Mais… osa protester l’homme agenouillé. Grand Maître qu’il-vive-à-tout-jamais, j’ai… enfin, d’autres choses plus agréables à ce propos… - Parle, et vite ! - Nos magi… nos imbéciles-qui-prétendent-avoir-quelques-pouvoirs-mais-en-fait-ils-sont-très-nuls pensent que cette bande est dans le secteur cinquante-neuf, devant les Cinquante Portes… Peu importe la porte qu’ils choisiront, ça ne peut qu’être mauvais pour eux. Peu de chances qu’ils restent en vie longtemps ! - Parfait, on peut donc considérer qu’ils sont morts… ricana Elgzag, satisfait. Maintenant, va-t’en ! L’intéressé courut à toute vitesse vers la sortie et disparut derrière les hautes portes. De leur côté, nos aventuriers regardaient les menaçantes portes. Sur chacune d’elles, une tête de corbeau ricanante les fixait de ses yeux glacés. - Elles sont vraiment horribles ! frémit Val. Demi-tour ! - Mais non, rhaa ! lâcha Marco. C’est que des portes ! - J’ouvre celle-là, décida Prisci. - Mais… Val n’eut pas le temps de protester : Prisci avait déjà tourné la poignée. - Ferme la porte ! Vite ! hurla Nath lorsque quinze monstres sanguinaires en sortirent dans un boucan assourdissant. A grand-peine, Prisci parvint à refermer la porte, laissant les monstres derrière elle. - Ben quoi encore ? badina Marco, déçu. - Mais t’es con ou quoi ? Ils sont au moins cent ! |
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